Mon premier film de Noël

Image extraite du film "L'apprenti père Noël et le flocon magique".
© 2013 Gaumont 

Le réalisateur Luc Vinciguerra revient au cinéma pour nous parler de la suite de L’apprenti père Noël. Son but, travailler un univers qui offre aux plus jeunes une première expérience cinématographique magique.

J’ai vraiment été heureux que le film rencontre son public. J’étais aussi ému qu’il soit, pour beaucoup d’enfants, le premier film qu’ils aillent voir au cinéma. Même si j’avais déjà pas mal d’expérience en télévision, c’était mon premier film de cinéma et la différence c’est qu’en salle, on peut partager en direct les réactions du public. J’ai vu les enfants réagir et c’était nouveau pour moi ! Au-delà du plaisir, cela m’a aussi permis d’apprendre beaucoup. J’ai découvert les façons très différentes dont le public, suivant son âge, reçoit un film. C’est particulièrement vrai chez les plus jeunes. Pour un film familial, les degrés de lecture vont être multiples.

Pour les plus jeunes, la découverte du cinéma est une véritable expérience : se retrouver dans une salle toute noire avec un son puissant, une image immense… Même s’il n’y avait rien d’effrayant dans le film, certains tout-petits étaient quand même très impressionnés par des petites choses auxquelles je ne m’attendais pas, comme un personnage qui hausse la voix, par exemple. Émotionnellement, ils perçoivent le film de manière complètement primaire. Ils sont à un âge où la distinction entre le réel et l’abstrait ne se fait pas encore. L’identification au personnage principal est donc énorme et ils vivent tout au premier degré. Avec les années, les enfants évoluent et développent d’autres perceptions. Il peut y avoir des traits d’humour qu’un tout-petit ne comprendra pas, mais qui vont être à la portée d’un enfant plus grand. Il y en a même d’autres destinés aux parents ! Toute la difficulté, et l’intérêt de ce genre de projet, est de doser les différents niveaux de lecture pour que personne ne s’ennuie et que l’histoire avance pour chacun avec des thèmes qui lui parlent. Certains enfants croient au Père Noël, d’autres n’y croient plus. L’histoire parle aux deux, mais pas de la même façon.

Nous voulions faire un film qui puisse être apprécié par ceux qui n’avaient pas vu le premier. On retrouve les personnages, mais tous sont au seuil d’un nouveau départ dans leur vie. Ceux qui ont vu le premier film les retrouveront là où ils les avaient quittés, mais les autres pourront facilement entrer dans cet univers. L’ancien Père Noël, après avoir choisi le jeune Nicolas pour lui succéder, s’apprête à partir à la retraite avec Solange. Pour Nicolas, l’heure d’organiser son premier Noël approche. Autour de lui, on retrouve la petite fille qu’il avait rencontrée à l’orphelinat, l’adorable ourson Rufus, Edgar le chef des lutins, Randolph le jeune renne, mais aussi beaucoup de nouveaux personnages !

Dans votre nouveau film, on retrouve le mélange de poésie et d’inventivité qui avait fait le succès du précédent, mais vous allez cette fois encore plus loin. Dans un univers de Noel que l’on croit tous connaître, vous réussissez à amener de la nouveauté en nous faisant découvrir beaucoup de trouvailles inédites qui renforcent et réinventent le mythe…

Alexandre Révérend, mon coscénariste, et moi-même avions envie de proposer de nouveaux secrets de Noël, et notamment cet esprit de Noël symbolisé par un flocon. Cela fait partie des idées visuelles qui sont des nouveautés par rapport au premier film. On découvre aussi les anciens Père Noël qui coulent des jours heureux en retraite et qui vont revenir prêter main-forte à leur jeune successeur. Nicolas va également découvrir de mystérieuses portes qui s’ouvrent sur son passé ou son futur, comme un calendrier de l’Avent qui apporte des réponses à ses doutes. Ces portes ponctuent son aventure et lui réservent bien des surprises. Elles sont à la fois très symboliques et cohérentes avec le thème.

Tous les aspects m’intéressent, mais ce qui m’a particulièrement plu pour ce film-là, c’était d’être très présent dès l’écriture. Alexandre Révérend avait très bien écrit le scénario du premier film, et même si j’avais réussi à me l’approprier en ajoutant, enlevant, modifiant, ce qui est strictement normal dans un travail de réalisation, c’était quand même le scénario de quelqu’un d’autre. Pour ce projet, j’ai coécrit dès la première ligne, et forcément il ressemble plus au genre d’histoire que j’aime raconter. J’ai l’impression qu’il me correspond un peu plus. Pour ce qui est du story-board, avant de réaliser, je suis passé par tous les métiers du dessin, de l’animation et du story-board. Ce sont des choses que je sais faire. Le story-board est important parce qu’il est le prolongement du scénario et on peut considérer qu’il s’agit de la mise en scène. C’est aussi à cette étape que l’on trouve de nouvelles idées visuelles qui vont enrichir le scénario. Il préfigure aussi ce que sera le montage, qui constitue la dernière étape où l’on peut vraiment influer sur la narration. Finalement, réaliser un film, c’est raconter une histoire. Évidemment, on la raconte aussi par la musique, les bruitages, la couleur… Mais l’écriture, le story-board et le montage sont les points où je peux intervenir par moi-même.

J’espère qu’ils découvriront un vrai spectacle familial dont ils ressortiront avec le sourire après avoir traversé beaucoup d’émotions. Ce n’est pas seulement une comédie car j’ai eu envie par moments de malmener un peu les personnages, de leur faire vivre de vraies choses. Cela renforce d’autant plus le processus d’identification. J’aime l’idée de l’ascenseur émotionnel au cinéma. Mais la condition est que ça finisse bien. C’est important et c’est la règle des contes. Il faut que le spectateur ressorte du film soulagé et heureux, parce que tout est bien qui finit bien pour les personnages auxquels il s’est attaché. Aujourd’hui, je suis impatient de voir les réactions du vrai public, pour lequel nous avons tous travaillé.

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