Retour au cinéma pour un deuxième volet de « Belle et Sébastien »

Image extraite du film Belle et Sébastien, l'aventure continue.
© 2015 Gaumont Distribution

Nouveau volet et nouveau réalisateur pour Belle et Sébastien, Christian Duguay nous raconte son arrivée au sein d’une équipe déjà bien soudée.

Comment vous êtes-vous engagé dans cette aventure ?

C’est l’aventure qui est venue vers moi ! Je ne savais même pas qu’un premier volet avait été tourné quand Bertrand de Labbey, mon agent, m’a dit que les producteurs du film voulaient me rencontrer. J’ai donc vu Frédéric Brillon et Clément Miserez : ils ont été très enthousiastes lorsque je leur ai dit à quel point cette série m’avait habité étant jeune. J’ai découvert ces épisodes il y a cinquante ans alors que j’étais enfant à Montréal. Plus tard, j’ai eu envie d’appeler mon fils Sébastien en souvenir de cette série qui m’avait tant fait rêver ! Les producteurs cherchaient un réalisateur car Nicolas Vanier était occupé sur un autre projet et ils ont pensé que ce serait une bonne chose d’avoir une nouvelle approche tout en restant fidèle à l’univers existant. Ce qui m’a beaucoup touché dans le premier film, c’est cette ode à la nature et ce rapport de pureté entre les êtres humains et leur environnement mais aussi la révélation sensible de la psychologie du petit garçon incarné par Félix Bossuet. Après avoir découvert le film, je me suis interrogé sur ce que j’allais pouvoir apporter…

Pour vous, quel était l’arc des personnages principaux ?

Dans ce deuxième volet, Sébastien a mûri mais il est toujours aussi fougueux et intrépide. Quant à César, il est plus attaché à Sébastien que jamais. Comment doit-il se positionner quand le père de Sébastien revient alors qu’il a abandonné l’enfant et sa mère dans la neige ? Doit-il protéger Sébastien de son père ? La construction scénaristique amène ce personnage énigmatique, qu’on découvre peu à peu, à jouer un rôle-clé.

Avez-vous eu du mal à « apprivoiser » le petit Félix ?

Comme je le disais plus tôt, pendant la préparation j’ai visionné les prises de Nicolas Vanier, ce qui m’a permis d’avoir une première approche de Félix. C’est vraiment à ce stade que j’ai pu comprendre qui il était, la manière dont Nicolas l’avait dirigé précédemment et sa propre façon de répondre aux directives. Forcément, je me posais des questions sur nos futurs rapports… Je me souviens qu’un jour où je me trouvais avec les scénaristes, Félix et sa mère, le petit garçon m’a regardé droit dans les yeux en me dévisageant, sans broncher. J’avais remarqué sa maturité saisissante et son regard perçant qui s’interrogeait sur la suite des événements. Au final, nous avons eu un contact extraordinaire et j’ai vu le personnage s’épanouir et s’illuminer grâce à lui. De toute ma carrière, je n’ai jamais rencontré un acteur aussi jeune qui donne autant d’éclat et de facettes authentiques à son rôle. Grâce à lui, ce film d’aventure est devenu une expérience intime.

Image extraite du film Belle et Sebastien, l'aventure continue.
© 2015 Gaumont Distribution

Comment s’est déroulé le tournage ?

On a eu beaucoup de chance pendant le tournage ! Cette belle aventure aurait facilement pu vaciller et virer au cauchemar car on tournait des scènes complexes dans des conditions extrêmes, entre séquences aériennes et feux de forêt. Nous tournions aussi avec des animaux imprévisibles et des enfants qu’on ne pouvait faire jouer que 3 à 4 heures par jour. Finalement, tous les éléments se sont conjugués en notre faveur. Même la météo nous a suivis jour après jour, comme si elle était au courant du plan de travail et des impératifs auxquels nous étions confrontés ! Surtout, l’équipe s’est donnée corps et âme, avec un extraordinaire professionnalisme et une immense générosité.

Comment s’est passé le tournage avec les chiens ?

On a utilisé plusieurs chiens des « Montagnes des Pyrénées », une race ancienne de chiens de bergers. Ils ont gardé leur instinct naturel et leur lenteur innée. Du coup, il fallait les motiver pendant les scènes avec des morceaux de viande. Il y avait d’abord Bear, qui était le plus petit, mais qui avait une tête magnifique pour les plans serrés, dégageant une grande douceur communicative. Le deuxième, nommé Fort, était plus grand et arborait une présence physique incroyable. C’était aussi le plus calme pour jouer les scènes de feu ou d’autres cascades. Fripon, comme son nom l’indique, avait la figure un peu fripée mais il était capable de vraies prouesses comme par exemple la scène où il doit rattraper la médaille de Sébastien. Enfin, Garfield réunissait les qualités des trois autres mais était aussi le plus imprévisible. C’est lui qui a incarné Belle dans le premier volet.

Quelles étaient vos priorités pour la mise en scène ?

Je cadre moi-même tous mes films au Steadicam ou à la grue et je privilégie le rapport des comédiens avec la caméra. Les prises sont différentes à chaque fois et le processus reste interactif. C’est une approche qui m’autorise une certaine fluidité si bien que je peux construire une chorégraphie des plans qui offre un dynamisme global au film. Christophe Graillot, mon directeur de la photo, a vite accepté ma méthode de travail sans se sentir frustré de ne pas faire le cadre. Il s’est consacré à peaufiner l’image en faisant ressortir toute sa sensibilité. Avec Karim El Katari, l’étalonneur, ils ont réussi à créer une sensation de velouté – la plus proche possible de l’argentique – comme j’en ai rarement vu dans les prises de vues numériques. Ma rencontre avec Olivier Gajan, le monteur du film, a été percutante. Il fallait trouver la bonne personne qui saisisse mon style de réalisation et qui cherche la continuité de cette approche enclenchée au tournage. Avec Olivier, nous n’avons jamais remis en question les premières maquettes de montage mais avons cherché à recentrer les émotions et à donner du rythme au film. C’est précieux d’avoir un échange aussi précis qui permet de ne jamais faire de faux pas dans la construction du film.

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